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Full text of "Le Noël de Theuet en patois du canton de La Rochefoucauld"

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LE 


EN  PATOIS 

LA  KOCllEiOtCAlU» 


UNE    l.NTRODl  CTION    ET  DES  NOTES 


M     N     FAVRM  I» 


ANGOULEME 

Place    du    Mûrier 
18811 


LE  NOËL  DE  THEUET 


THE  LIBRARY 


THE  UNIVERSITY  OF 
BRITISH  COLUMBIA 


JUSTIFICATION  DU  TIRAGE 


1  Exemplaire  sur  vieux  papier  d'Angoulèmc,  numéroté  A. 

2  Exemplaires  sur  peau  de  vélin,  numérotés  B  et  C. 
2  Exemplaires  sur  Japon,  numérotés  i  et  2. 

2  Exemplaires  Whatmann,  numérotés  3  et  4. 
ço  Exemplaires  sur  Chine,  numérotés  5  à  54. 
100  Exemplaires  sur  vélin  ordinaire,  numérotés  154  à  154. 
43  Exemplaires  sur  Mikado,  numérotés  154  à  197. 

200  Exemplaires. 


N" 


5.3 


■Mt 


LE 


NOËL  DE  THEUET 

EN  PATOIS 

DU  CANTON  DE  LA  ROCHEFOUCAULD 


UNE   INTRODUCTION   ET  DES  NOTES 


M.  A.  FAVRAUD 


ANGOULEME 

Place    du    Mûrier 

1889 


Digitized  by  the  Internet  Archive 

in  2010  with  funding  from 

University  of  British  Columbia  Library 


http://www.archive.org/details/lenoldetheueteOOfavr 


INTRODUCTION 


^'  ne  Noël  que  nous  publions  aujourd'hui  est  un  spécimen 


"ilâ  de  ces  chants  naïfs  d'autrefois,  répétés  par  des  bandes 
de  paysans  que  menaient  à  l'église  du  village  des  traditions 
aujourd'hui  perdues,  le  soir  de  la  messe  de  minuit. 

Composé  dans  les  dernières  années  du  siècle  dernier  par  un 
curé  de  La  Rochefoucauld  dont  on  a  oublié  le  nom,  il  était 
encore  populaire  il  y  a  cinquante  ans.  Aujourd'hui,  les  vieil- 
lards seuls  en  ont  conservé  quelques  couplets.  Nous  en  avons 
recueilU  des  variantes  dans  les  communes  de  La  Rochefou- 
cauld, Rivières,  La  Rochette,  Bunzac,  et  des  fragments  épar s 
dans  d'autres  localités  voisines. 

Il  contient' le  récit  de  certains  usages, -perdus  depuis  long- 
temps dans  cette  contrée,  et  mentionne,  dans  ses  42  couplets, 
170  paroisses,  villages  ou  métairies  dont  les  habitants  viennent 
apporter  leurs  présents  à  la  vierge  Marie  et  à  l'enfant  Jésus. 


Il  semble  l'imitalioii  d'un  vieux  Noël  poitevin  intitulé  : 
l'Adoration  des  Bergers. 

Il  est  intéressant,  non-seulement  par  le  récit  des  usages 
qu'il  nous  rappelle,  mais  surtout  parce  qu'il  nous  fournit  des 
renseignements  pour  la  délimitation  du  sous-dialecte  dans 
lequel  il  est  écrit. 

Le  dialecte  de  La  Rocliefoucaidd,  par  suite  de  la  situation 
même  de  cette  localité,  tient  un  peu  du  dialecte  poitevin, 
mais  il  se  rapproche  beaucoup  du  patois  limousin.  Les  com- 
munes du  canton  qui  sont  situées  à  l'est  accentuent  encore 
davantage  leur  parenté  avec  la  langue  d'oc;  celles  situées  à 
l'ouest,  dans  le  voisinage  de  Saint- Amant-de-Boixe,  au  con- 
traire, perdent  peu  à  peu  le  souvenir  des  tournures  méridio- 
nales; l'accent  disparaît  progressivement;  la  dégradation  se 
fait  sentir  pour  ainsi  dire  de  commune  à  commune.  C'est  là 
une  Marche  entre  les  deux  idiomes  voisins,  mais  qui  a  été 
pénétrée,  sur  les  bords  surtout,  par  chacun  d'eux. 

Qu(îlques  règles  grammaticales  sur  ce  dialecte  ne  sont  pas 
inutiles. 

NOM  ET  ADJECTIF. 

Les  noms  et  les  adjectifs  terminés  eu  on,  en  français, 
changent,  à  La  Rochefoucauld,  cette  linale  en  ou  :  maison 
(maison) ,  canton  (canton) ,  cresson  (cresson) ,  Montberou 
(Montbron),  etc. 

ARTICLE. 

L'article  est  : 

Le,  pour  le  masculin  singulier  ; 

La,  pour  le  féminin  singulier  ; 

Lous,  pour  le  masculin  pluriel  ; 

Las,  pour  le  féminin  pluriel  (prononcez  là). 

Les  formes  contractées  sont  : 

Ail,  à  la,  aux,  à  las  (aux),  du,  dus  (des). 


Adjectif  numéral  :  doux  {Aexi\),  masculin  pluriel;  doué 
(deux),  féminin  pluriel. 

Doux  s'écrit  et  se  prononce  quelquefois  dus. 

Adjectif  démonstratif  :  quée  (ce),  queis  ou  qicis  (ces), 
quelle  (cette).  , 

Adjectif  possessif  :  lotir  (leur),  lours  (leurs),  devant  une 
voyelle,  lourés,  devant  une  consonne. 


Pronom  personnel  :  ou  (il),  ou  (ils),  tous  (les). 
Pronom    démonstratif  :   quo,   queu  (ce),   quis,    quiquis 
(ceux,  ceux-ci). 

VERBE. 

Voici  les  terminaisons  des  verbes  des  quatre  conj  ugaisons  : 


INDICATIF  PRÉSENT 

1"  toBjagaisoD. 

i"  conjngjisoD.' 

3"  tonjugjisoij. 

i"  conjugaison 

(Verbes    inchoatifs.) 

— 

—  e. 

—  s. 

—  is. 

— 

et. 

—  s. 

—  es. 

—  es. 

—  issès. 

— 

evès. 

—  es. 

—  e. 

—  t. 

—  it. 

— 

et. 

—  d. 

—  ins. 

-  '"^- 

—  issins. 

— 

evins. 

—  ans. 

—  ez. 

—  ez. 

—  issez. 

— 

avez. 

—  ez. 

—  int. 

—  int. 

—  issint. 

— 

evint. 

—  ant. 

IMP.\RF.\IT. 

—  ave. 

—  ave. 

—  issave. 

— 

ave. 

—  aw. 

—  avias. 

—  avias. 

—  issavias. 

— 

avias. 

—  avias. 

—  ave. 

—  ave. 

—  issave. 

— 

âve. 

—  ave. 

—  avians. 

—  avians. 

—  iss^vians. 

— 

avians. 

—  avians 

—  aviez. 

—  aviez. 

—  issaviez. 

— 

aviez. 

—  aviez. 

—  aviant. 

—  aviant. 

—  issavant. 

— 

aviant. 

—  aviant. 

~     PASSE    DEFINI. 


1"  tODJUgaisOD. 

2'  conjugaison. 

3'  tonjagaison. 

(Verbes    inchoatifs.) 

—  is. 

—  is. 

—  issis. 

—     auguis. 

—  is. 

—  itès. 

—  issitès. 

—     auguis. 

—  it. 

—  it. 

—  issit.  ■ 

—     auguit. 

—  itins. 

—  itins. 

—  issitins. 

—     auguitins. 

—  itez. 

—  itez. 

—  issitez. 

—     auguitez. 

—  itint. 

—  itint. 

—  issitint. 

—     auguitint. 

It. 

itins. 
itez. 
itint. 


erai. 

—  irai. 

—  irai. 

— 

res. 

eras. 

—  iras. 

—  iras. 

— 

ras. 

ero. 

—  iro. 

—  iro. 

— 

ro. 

erans. 

—  irans. 

—  irans. 

— 

rans 

erez. 

—  irez. 

—  irez. 

— 

rez. 

erant. 

—  irant. 

—  irant. 

— 

rant. 

rai. 

ras. 

rot. 

rans. 

rez. 

rant. 


CONDITIONNEL    PRESENT. 


eris. 

—  iris. 

—  iris. 

— 

ris. 

erias. 

—  irias. 

—  irias. 

— 

rias. 

erit. 

—  irit. 

—  irit. 

— 

rit. 

erians. 

—  irians. 

—  irians. 

— 

rians. 

eriez. 

—  iriez. 

—  iriez. 

— 

riez. 

eriant. 

—  iriant. 

—  iriant. 

IMPÉKATI 

riant. 

c. 

—  s. 

—  is. 

_ 

ets. 

ans. 

—  ins. 

—  issans. 

— 

ans. 

ez. 

—  ez. 

—  issez. 

— 

ez. 

ris. 

rias. 

rit. 

rians. 

riez. 

riant. 


SUBJONCTIF   PRESENT. 


isse. 

issias. 

isse. 

issians. 

issiez. 

issiant. 


—  as. 

—  e. 

—  ans. 

—  ez. 

—  ant. 


IMPARFAIT. 

i'^  eonjogaison. 

i"  coDJugjison. 

3"  conjugaison. 

1"  conjugaison. 

(Verbes    inchoatifs.) 

—  isse. 

—  isse. 

—  ississe. 

— 

auguisse. 

—  isse. 

—  issias. 

—  issias. 

—  ississias. 

— 

auguissias. 

—  issias. 

—  isse. 

—  issç. 

—  ississe. 

— 

auguisse. 

—  isse. 

—  issians. 

—  issians. 

—  ississians. 

— 

auguissians. 

—  issians 

—  issiez. 

—  issiez. 

—  ississiez. 

— 

auguissiez. 

—  issiez. 

—  issiant. 

—  issiant. 

—  ississent. 

— 

auguissiant. 

—  issiant 

INFINITIF    PRÉSENT 

—  a. 

-  i- 



évre. 

-re. 

PARTICIPE    PRESENT. 

ant.        I   —  issant.  |    —      aiit. 

PARTICIPE    PASSÉ. 

i.  I  —  i.  I    —     augu. 

ide. 


I   —  ant. 


La  3"  personne  du  singulier  de  l'imparfait  de  l'indicatif  se 
termine  en  ave,  pour  les  quatre  conjugaisons  :  ou  travaillave 
(il  travaillait),  ou  sortave  (il  sortait),  ourecevâve {ilvecQ^àii), 
ou  rendave  (il  rendait). 

La  3"  personne  du  pluriel,  au  même  temps,  est  terminée 
en  aviant. 

Les  verbes  inchoatifs  de  la  2"  conjugaison  font,  aux  mêmes 
personnes,  issave,  issavant. 

La  3»  personne  du  singulier  du  passé  défini  se  termine  par 
it,  et,  au  pluriel,  par  ilint;  les  verbes  inchoatifs  font  issit, 
issilint. 

L'infinitif  présent  est  terminé,  pour  les  quatre  conjugai- 
sons, en  a,  i,  re  et  re. 


Le  participe  passé  est,  pour  les  mêmes  conjugaisons,  a,  i, 
i,  u  eiii. 

Les  verbes  avoir  et  être  font,  à  l'imparfait  de  l'indicatif  : 
ou  avie,  ou  érie,  ou  aviant,  ou  ériant  ;  au  passé  défini  :  ou 
aguit,  ou  fit,  ou  aguitint,  ou  fitint. 


Une  copie  manuscrite  de  ce  ISoël  avait  été  communiquée, 
en  1862,  à  M.  de  Rencogne,  archiviste  de  la  Charente,  par 
M.  Fermoud,  libraire  à  La  Rochefoucauld;  nous  l'avons 
vainement  cherchée.  Force  nous  a  été  de  confronter  les 
variantes  qui  nous  ont  été  envoyées  par  MM.  les  instituteurs 
et  institutrices  des  diverses  communes  oii  il  est  encore  connu 
et  que  nous  remercions  vivement  de  leur  communication. 
C'est  à  l'aide  de  ces  versions  que  nous  avons  obtenu  le  texte 
que  nous  publions. 

Aiigouléme,  5  mai  1889. 

A.  Favraud. 


10 


LE  NOËL  DE  THEUET 


'•s^¥i^C^" 


HEUET  érie  dïns  sa  boutique , 
Que  travaillave,  une  nué, 
Quand  une  troupe  angélique, 
A  riioure  de  plai  minué, 


Annoncitint  que  le  Messie 

Érie  vingut, 
Et  de  la  vierge  Marie 

Érie  néqut. 


SJTheuet  était  dans  sa  boutique, 
S  Qui  travaillait,  une  nuit. 
Quand  une  troupe  angélique, 
A  l'heure  de  plein  minuit. 
Annonça  que  le  Messie 

Était  venu. 
Et  de  la  vierge  Marie 

Était  né. 


11 


^u  sort  vite  dïns  la  rue 
P'r  écouta  quis  doux  chants; 
Ou  se  tord,  ou  s'évertue, 
Tant  ou  les  trove  touchants. 
Ou  vinguitint  d'une  file 

Au  Canton, 
Lous  habitants  de  la   Ville 

Et  de  p'rtout. 


Parmi  toute  l'assimblade, 
Li,  bravinient,  se' plaça; 
Chécun  dounit  une  aubade 
De  quo  qu'érie  annonça. 
Lous  habitants  de  la   Ville 

Intritint, 
Quiquis  de  la  Basse-Ville 

Et  Saint- FI leurint. 


^L  sort  vite  dans  la  rue 
Pour  écouter  ces  doux  chants  ; 
Il  se  tord,  il  s'évertue, 
Tant  il  les  trouve  touchants. 
Ils  vinrent  d'une  file 

Au  Canton, 
Les  habitants  de  la  Yille 

Et  de  partout. 

Parmi  toute  l'assemblée, 
Lui,  bravement,  se  plaça; 
Chacun  donna  une  aubade 
De  ce  qui  était  annoncé. 
Les  habitants  de  la  Yille 

Entrèrent, 
Ceux  de  la  Basse-Ville 

Et  Saint-Florent. 


12 


^uiQUis  de  La   Villandière 
Vinguitint  d'abord  après, 
Et  quiquis  d'  La  Marvaillère 
Ou  aviant  bien  fait  lour  apprêt; 
Mery  portave  une  lébre, 

Et  Penichou 
Avie  dins  sa  carnassière 

In  bée  auchou. 


Quou  es  quiquis  de  La  Coutiére 
Qu'intritint  bien  doucemint; 
Un  gros  fagot  de  faugière 
Qu'où  offritint  in  présint. 
D'une  façou  bien  pllaisinte, 

Carolut 
Courguit  et  lour  présinte 

Le  salut. 


4.  'V*ux-ci  de  La  Villand^re 
Vinrent  d'abord  après, 

Et  ceux-ci  de  La  Marvaillère 
Avaient  bien  fait  leur  apprêt; 
Méry  portait  un  lièvre, 

Et  Penichon 
Avait  dans  sa  carnassière 

Un  bel  oison. 

5.  C'est  ceux-ci  de  La  Coutiére 
Qui  entrèrent  bien  doucement  ; 
Un  gros  fagot  de  fougère 
Qu'ils  offrirent  en  présent. 
D'une  façon  bien  plaisante, 

Carolus 
Courut  et  leur  présente 
Le  salut. 


13 


^^RRiYiTiXT  d'une  binde 
Quiquis  de  Las  Houillérais', 
Arringeas  in  d'une  rinde, 
Et  quis  de  Ménardiérais. 
&ACOU  portave  une  cruvelle 

Et  dus  péroux, 
Marin D A  avie  une  pèle 

Et  dus  bouéroux. 


Las  Chaumellées,  La  Pllassolle, 
Las  C ouvrées  et  Chaz-Vicand 
Remudint  la  casserole 
Avec  quis  de  Montizard. 
Que  s'intind  à  la  cusine? 

Quou  es  René, 
Qu'  intrit  faire  la  trimpine 

Du  curé. 


6.  ^tRRiTÊRENT  d'une  bande 
Ceux-ci  des  Eoicillèrgs, 
Arrangés  en  un  rang, 

Et  ceux  de  Ménardiëre. 
Gacon'  portait  une  cruche 

Et  des  poirillons, 
Marandat  avait  une  poêle 

Et  des  bouéroux. 

7.  Les  Chaumelles,  La  Plassolle, 
Les  Cours  et  Chez-Vicard 
Remuaient  la  casserole 

Avec  ceux  de  Monthésard. 
Qui  s"entend  à  la  cuisine  ? 

C'est  René, 
Qui  entra  faire  la  soupe 

Uu  curé. 


14 


"^^ÉRUZET,  La  Marvaillère, 
Chaz-Pouyade  et  Lavaud, 
Chante-G'rlet,  L' Aumônier e, 
Chaz-Pourret  et  Toutyfaut 
Fitint  lours  présints  en  soupe 

Et  fricots, 
Et  le  reste  de  la  troupe 

In  abricots. 


Vinguitint  quîs  de  La  Breuille 
In  buffint  dïns  lourés  dets; 
Trimbllavant  coume  la  feuille 
Avec  lours  habits  d'été. 
Et  parmi  la  companie, 

Garrigeau 
Offrit  à  Y  Enfant  de  Marie 

In  bée  jau. 


""^ÉRVZET,  La  Marvaillère, 
Chez-Pouyade  et  Lavaud, 
Chante— Grelet ,  L'Aumônière, 
Chez-Pourret  et  Toutyfaut 
Firent  leurs  présents  en  soupe 

Et  viandes, 
Et  le  reste  de  la  troupe 

En  abricots. 

Vinrent  ceux  de  La  Breuille 
En  soufflant  dans  leurs  doigts  ; 
Ils  tremblaient  comme  la  feuille 
Avec  leurs  habits  d'été. 
Et  parmi  la  compagnie, 

G.4RIGEAU 

Offrit  à'  VEnfant  de  Maria 
Un  beau  coq. 


15 


^ïxt-Mary  et  La  Soudière,  . 
Lavaure  et  Chassenuée, 
Lous  Pins  et  La  Barounnière 
Pêchitint  toute  la  nuée. 
Ou  apportitint  de  l'anguille 

Et  dus  gouyoux, 
Un  chauderon,  une  grille 

Et  du  cressou. 


Cellefrouin  et  La  Marlière, 
Sint-Cllaud,  Siaux  et  Chantrezat, 
Bois-Tizou,   La  Devinière, 
ISegret,  Nieiiil,  Bord  et  LussaU 
Aviant  prée  une  tourterelle 

Dïns  dus  ajoux; 
Portavant  une"  gâtelle 

^t  dus  pijoux. 


II^aint-Mary  et  La  Soudière, 
Lavaure  et  Chasseneuil, 
Les  Pins  et  La  Baronnière 
Péchèrent  toute  la  nuit. 
Ils  apportèrent  de  l'anguille 

Et  des  goujons. 
Un  chaudron,  un  gril 

Et  du  cresson. 

Cellefrouin  et  La  Marlière, 
Saint— Claud,  Suaux  et    Ckantrciac, 
Bois-Tison,  La  D&i:iiiicre, 
Negret,  Nicuil,  Bord  et  Lussac 
Avaient  pris  une  tourterelle 

Dans  des  ajoncs; 
Ils  portaient  un  gâteau 

Et  des  pigeons.  •> 


16 


12. 

^ïxTE-CouLOMBE  et  La  Borde, 
Sïnt-Angée  et  Sïnt-Amant 
Traînavant  p'r  une  corde 
Un  agnée  qu'où  amenavant. 
Ou  le  tuitint  chaz  La  Vachotte 

Ou  chaz  Jugnot; 
Ou  anguitint  fare  la  pichotte 

Chaz  Le  Niot. 


Lous  hermitais  de  Poumarle 
Et  lous  teignons  de  Nancliars 
Aviant  prés  entr'is  un  marie 
Avec  quiquis  de   Villars. 
Portavant  une  pintade; 

Et  qui  à'Aunat 
Aviant  un  pot  de  moutarde 

De  Jarnat. 


^AiHTE-rCoLOMBE  et  La  Borde, 
Saint-Angeau  et  Saint-Amant 
Traînaient  par  une  corde 
Un  ag-neau  qu'ils  amenaient. 
Ils  le  tuèrent  chez  La  Vachotte 

Ou  chez  JuNOT  ; 
Ils  allèrent  faire  la  pichotte 

Chez  Le  Niot. 

Les  ermites  de  Puymerle 
Et  les  teigneux  de  Nanclars 
Avaient  pris  entre  eux  un  merle 
Avec  ceux-ci  de  Villars. 
(Ils)  portaient  une  pintade  ; 

Et  ceux  àWunac 
Avaient  un  pot  de  moutarde 

De  Jarnac. 


n 


14. 

"^uiQUis  de  Jauldes  et  Treillis, 
Aussat,  Tourriers  et  Chanié 
Ou  apportitint  à  Marie 
Un  sangllier  qu'où  aviant  pris 
Dïns  la  fourêt  de  La  braconne, 

Apparammint, 
Sïns  être  vus  de  parsounne 

Aucunemint. 

15. 

Jouvre,  Magnac  et  Ruelle, 
La  Valette  et  Dignat 
Aviant  une  plujade  de  telle 
Avec  quiquis  de  Mornat. 
Ou  aportitint  de  la  truite 

Et  du  chabot, 
Une  hâte,  une  léch' frite, 

Un  bée  barbot. 


14.  '^^Eux-ci  de  Jauldes  et  Treillis, 
Aussac,  Tourriers  et  Champniei's 
Apportèrent  à  Marie 

Un  sanglier  qu'ils  avaient  pris 
Dans  la  forêt  de  La  Braconne, 

Apparemment, 
Sans  être  vus  de  personne 

Aucunement. 

15.  Toutre,  Magnac  et  Ruelle, 
La   Valette  et  Bignac 
Avaient  une  pliée  de  toile 
Avec  ceux-ci  de  Mornac. 
Ils  apportèrent  de  la  truite 

Et  du  cliabot, 
Une  hâte,  une  lèchefrite, 
Un  beau  barbot. 


18 


16. 

^Pe  Mongoumard  et  La  Garde, 
Dus  Deffinds  et  de  Pranzat, 
Portavant  une  poulai^de 
Avec  quiquis  de  Bunzat; 
Doux  chapous  et  une  cane, 

Et  dus  poulets, 
Une  dinde  et  une  panne, 

Un  pot  de  lait. 


De  Coulgens,  toute  une  cUique 
Vinguitint  dïns  le  momint 
Avec  une  bonne  barrique 
De  bon  vin  qu'où  amenitint. 
Ou  aviant  bé  prés  la  verille, 

Un  guimbelet, 
Dus  douzils,  une  bouteille, 

Un  gobelet. 


16.  GKE  Montffoumard  et  La  Garde, 
Des  Deffends  et  de  Pranzac, 
Portaient  une  poularde 

Avec  ceux-ci  de  Bunsac; 
Deux  chapons  et  une  cane, 

Et  deux  poulets, 
Une  dinde  et  une  ponne. 

Un  pot  de  lait. 

17.  De  Coulgens,  toute  une  clique 
Vinrent  dans  le  moment 
Avec  une  bonne  barrique 

De  bon  vin  qu'ils  amenèrent. 
Ils  avaient  bien  pris  la  vnlle. 

Une  tasse, 
Des  douzils,  une  bouteille. 

Un  gobelet. 


19 


18. 

l^ous  dinsours  de  La  Rochette 
Vinguitint  bien  bravemint; 
Au  bée  son  de  lour  musette, 
Dansitint  joyousemint. 
La  musique  érie  si  jolie 

Que  Bastien 
Avie  prée  une  cUochette 

Et  un  cllairin. 


Quis  que  s'ant  bien  tourna  la  broche, 
Qa'ou  est  lous  cocassiers  à' A  gris; 
Ou  apportitint  une  belle  auche. 
Une  cane,  une  perdrix. 
Mais  qu'o  vinguit  de  La  Brousse 

Un  gros  Magot, 
Qui  brusquement  lour  détrousse 

Lour  fricot. 


18.  T^'ES  danseurs  de  La  Rochette 
Vinrent  bien  bravement; 

Au  bon  son  de  leur  musette, 
(Ils)  dansèrent  joyeusement. 
La  musique  était -si  jolie 

Que  B.\STiEN 
Avait  pris  une  sonnette 

Et  une  clochette. 

19.  Ceux  qui  savent  bien  tourner  la  broche, 
Ce  sont  les  cocassiers  A'Agris; 

Ils  apportèrent  une  belle  oie,' 
Une  cane,  une  perdrix. 
Mais  il  vint  de  La  Brousse 

Un  gros  Magot, 
Qui  brusquement  leur  détrousse 

Leur  fricot. 


20 


20. 

^^iviÉRAiES  et  La  Ramisse 
Y  vinguitint  à  lour  tour; 
Un  paquet  de  régalisse  ' 
Apportitint  au  Sauvour. 
Un  perchât,  une  égrevisse, 

Dus  gouyoux, 
Une  andouille,  une  saucisse, 

Offrit  Mayoûx. 

21. 

Le  Mônat,  La  Michelie, 
Las  Ècurées  et   Virmalet, 
La  Chapelle  et  Chaz-Zabrie, 
CJiaz-Tahas  et  Le  Soudet 
Ou  apportitint  lour  offrande 

In  seriézaies, 
In  prunaies  et  en  nouzilles. 

En  flamboisaies. 


20.  S^iWÈSEs  et  La  Ramisse 
Y  vinrent  à  leur  tour; 
Un  paquet  de  réglisse 

(Ils)  apportèrent  au  Sauveur. 
Une  perche,  une  éorevisse, 

Des  goujons, 
Une  andouille,  une  saucisse 

Offrit  Mayoux. 

21 .  Le  Mosnac,  La  Michelie, 
Les  Écures  et  Villemalet, 
La  Chapelle  et  Chez-Zabrie, 
Chez-Tabas  et  Le  Soudet 
Apportèrent  leur  offrande 

En  cerises, 
En  prunes,  en  noisettes. 
En  framboises. 


21 


"^^ELBUZE,   La  Marvaillère, 
Chaz- Gallois  et  Chaz-Girou, 
Chaz-Foucaud  et  La  Moulière, 
Chaz-Nobllel  et  Lous-Sabllous, 
De  las  poumés  de  Rivières 

P'r  dessert, 
Une  plleine  carnassière 

De  p'rsès. 

23. 

Cailléraies  et  Chaz-Lassare, 
.  Mainebaud  et  Chaz-Tarot 
Intritint  sïns  dire  gare, 
Portavant  chaq'in  fagot. 
Ou  déchiritint  la  face 

Et  lour  balot 
A  quiquis  de  Chaz-FHasse 

Et  Chaz-Salot. 


22,  '^^'ELLBBVZE,  La  Marvaillère, 
Chez-Gallois  et  Chez-Girou, 
Chez-Foucaud  et  La    'Meulière, 
Chez-Noble  et  Les  Sablons, 
Des  pommes  de  Rivières 

Pour  dessert, 
Une  pleine  carnassière 
De  pêches. 

23.  Caillères  et  Chez-Lasserre, 
Mainebeau  et  Chez-Tarrot 
Entrèrent  sans  dire  gare, 
Portant  chacun  un  fagot. 
Ils  déchirèrent  la  face 

Et  leurs  lèvres 

A  ceux  de  Chez-Filasse 

Et  Chez-Sallot. 


22 


24. 


■"^u'ou  ée  Chaz-Fort  et  Rochepoulle, 

Sïnt-Coiitant  et  Sïnt-Priée 
Qa'apportitint  une  poule 
Avec  qui  de   Chaz-Làgnier. 
N'érie  pas  bien  attachade, 

Dessit  SoRNiT, 
Car  a  pringuit  la  volade 

Et  s'in  auffuit. 


Qu'où  ée  quiquis  de  La  Chabanne 
Que  fitint  bien  attrapas  ! 
Ou  ériant  très  dessur  un  âne, 
Se  cresaviant  bien  montas  ; 
Mais  le  baudet,  par  malice, 

S'accUanit, 
Lous  foutit  dïns  la  palisse 

Et  s'in  anguit. 


24.  'V'est  Chez-Fort  et  Rodiepoiile 
Saint-Coutant  et  Saint-Projet 
Qui  apportèrent  une  poule 
Avec  ceux  de  Chez-Lasnier. 
Elle  n'était  pas  bien  attachée, 

Dit    SORNIN, 

Car  elle  prit  la  volée 
Et  s'en  alla. 

25.  Ce  sont  ceux  de  La  Chabanne 
Qui  furent  bien  attrapés  ! 

Ils  étaient  trois  sur  un  âne, 
Et  se  croyaient  bien  montés; 
Mais  le  baudet,  par  malice. 

S'abattit, 
Les  jeta  dans  la  haie 

Et  s'en  alla. 


23 


26. 

Idâ^  Briaud,  dedïns  la  troupe, 
Se  trovit  fortuitement; 
Ou  sautit  dessus  la  croupe 
De  l'âne  bien  hardiment. 
Mais  JosET  crédit  bien  vite 

Au  vieux  Barraud  : 
«  Moun  ami,  arrêtas  vite 

Quée  maraud  !   » 

27. 

A  la  cime  d'une  échalle, 
Un  geâs  chante  tant  qu'où  pot 
Avec  sa  voix  de  cigale  ; 
Ou  crée  de  pilaire  bécot, 
Pa'ce  que  l'âne  le  regarde 

Fièremint 
Et  s'arrête  à  la  montade 

In  même  timps. 


26.  gtfx  habitaat  de  Brie,  dans  la  troupe, 
Se  trouva  fortuitement; 

II  sauta  sur  la  croupe 
De  l'àne  bien  har.diinent. 
Mais  Joseph  cria  bien  vite 

Au  vieux  B.*.BR.iLD  ': 
«  Itlon  ami,  arrêtes  vite 

Le  maraud  !  » 

27.  A  la  cime  d'une  échelle. 

Un  coq  chante  tant  qu'il  peut 
Avec  sa  voix  de  cigale; 
Il  croit  plaire  beaucoup, 
Parce  que  l'àne  le  regarde 

Fièrement 
Et  s'arrête  à  la  montée 

En  même  temps. 


24 


ÉË'ane,  tinta  de  l'aubade, 
Pringuit  la  voix,  se  plingnit. 
Ou  dounit  une  bramade  ; 
Le  geâs  avec  li  s'accordit. 
Lour  musique  érie  si  jolie, 

Que  BoNDAS 
Se  mettit  de  la  partie 

Avec  Tétas. 

29. 

De  Foncée  et  de  Chazelle, 
Le  Lérat  et  Sïnt-Sauvour, 
Sallemaze  et  La  Croutelle 
Apportitint  au  Sauvour 
De  très  boune  marchandise  : 

Un  boun  liée. 
Un  bounet,  une  chemise. 

Dus  souillers. 


28.  #^'ane,  tenté  de  l'aubade, 
Prit  la  vois  et  se  plaignit. 
Il  donna  une  bramée  ; 

Le  coq  avec  lui  s'accorda 
Leur  musique  était  si  jolie, 

Que    BONDEAU 

Se  mit  de  la  partie 
Avec  Tèteau. 

29.  De  Fonçais  et  de  Chazelles, 
Olérat  et  Saint-Sauveur, 
Salmaze  et  La  Croutelle 
Apportèrent  au  Sauveur 

De  très  bonne  marchandise  : 

Un  bon  lit, 
Un  bonnet,  une  chemise. 

Des  souliers. 


S5 


30. 

■^N  venant  p'r  la  campagne, 
Lous  bouchiers  de  Sïnt-Sornis 
Tombitint  dedïns  la  fagne, 
Dont  ou  fitint  bien  orris. 
Ou  fasiant  laide  grimace, 

Disantis 
De  s'être  abimas  la  face 

Et  enchotis. 

31. 

De  Sïnt-Paid  et  de  Rancougne, 
De   Vouthon  et   Vilhaunonœ, 
De  L'Arbre  et  de  La  Braconne, 
De  Malléran  et  Peyroux, 
Portavant,  dïnt  une  bourgne, 

Dus  fruits  secs 
Et  bécot  d'autre  besougne, 

A   JOSET. 


30.  ^iN  venant  par  la  campagne, 
Les  bouchers  de  Saint— Sornin 
Tombèrent  dans  la  boue, 
Dont  ils  furent  bien  ahuris. 
Ils  faisaient  laide  grimace. 

Disant 
De  s'être  abîmé  la  face 
Et  salis. 

31 .  De  Saint— Paul  et  de  Rancogne, 
De  Youthon  et  Vilhonneur, 

De  L'Arbre  et  de  La  Braconne, 

De  Malleyran  et  Peyrott, 

(Ils)  apportèrent,  dans  une  bourgne, 

Des  fruits  secs 
Et  beaucoup  d'autre  chose, 

A  Joseph. 


26 


32. 

^ïor^TBEROU  et  La  Bourdrie, 
Marthou,  Mossat  et  Charras, 
Mouthiérais,  La  Tricherie, 
YyOrgeduée  et  à'Escuras, 
Du  bois  à  plleines  charrettes 

Amenitint  ; 
De  las  poumées  de  renette, 

P'r  présint. 

33. 

Lous  Foiiilloiix  et  La   Vallade, 
Qui  sont  de  vaillants  soudards,  , 
Ou  aviant  une  épée  i-ouillade, 
Et  Thouminet  un  vieux  dard. 
Ou  ériant  bé  une  cintaine 

De  Limarcée 
P'r  la  tira  avec  peine 

Du  fourrée. 


32.  (§!}^0STBR0S  et  La  Borderie, 
Marthon,  Moussac  et  Charras, 
Mouthiers  et  La  Tricherie, 
D'Orgedeuil  et  à' É curas. 

Du  bois  à  pleines  charrettes 

Amenèrent  ; 
Des  pommes  de  rainette, 

Pour  présent. 

33.  Les  Fouilloux  et  La  Vallade, 
Qui  sont  de  vaillants  soldats, 
Ils  avaient  une  épée  rouillée. 
Et  Thomas  un  vieux  dard. 

Ils  étaient  bien  une  centaine 

De  Limarçais 
Pour  la  tirer  avec  peine 

Du  fourreau. 


27 


34. 

^HAZ-Glcou  et  La  Mirande, 
Jaubertiéraies  et  Lydrat, 
Apportitint  lour  offrande 
Avec  quiquis  de  JRussat. 
Quou  érie  une  vieille  chabre 

Que  LuNO 
A  vie  changea  p'r  un  sabre 

Au  vieux  Bruno. 

35. 

Montimbue  et  La  Fouillarde, 
Roussines  et  MazeroUaies, 
Une  plujade  de  sarge, 
De  las  fraisais  et  groseillaies, 
In  grande  cérimonie, 

Apportitint 
A  JosBT  et  à  Marie 

Lourés  présints. 


34.  ^^^bez-Gacoh  et  La  Mirande, 
Joubertières  et  Lydrat 
Apportèrent  leur  offrande 
Avec  ceux  de  liussat  : 
C'était  une  vieille  chèvre 

Que  LuxEAU 
Avait  changée  pour  un  sabre 
Au  vieux  Bkuneau. 

35.  Montemhœuf  et  La  Feuillade, 
Roussines  et  Mazerolles, 

Une  pièce  de  serge, 

Des  fraises,  des  groseilles,  ■• 

En  grande  cérémonie, 

Apportèrent 
A  Joseph  et  à  Marie 

Leurs  présents. 


28 


36. 

^ïxt-Étory,  La   Vacherie, 
La  Fontaine  et  FUeurignat, 
De  Beaumont  et  La  Gag'rie, 
Chaz-V-Mounier,  Marillat, 
Achetitint,  chaz  L'Audouine, 

Dus  boudins, 
Dus  ufs  et  de  la  farine, 

Dus  carquelins. 

37. 

De  La  Chassagne  et  Manières, 
Chervée,  Moucon,  Lusignat, 
Chàlillieu,  Las  Courrières, 
De  Sïnt- Vincent  et  Nitrat, 
De  las  crêpes  de  bla  nègre 

Et  dus  chauvées 
Apportitint  à  la  mère, 

Et  dus  navées. 


36.  ^Aiyi-ADjVTORr,  La  Vacherie, 
La  Fontaine  et  Fleurignac, 
De  Beaumont  et  La  Gagerie, 
Chez-le-Meunier,  Mariltac, 
Achetèrent,  chez  madame  Audouin, 

Des  boudins, 
Des  œufs  et  dq  la  farine, 
Des  tortillons. 

37.  De  La  Chassagne  et  Mazièr-es, 
Cherves,  Mouzon,  Lusignac, 
Châtillon,  Les  Courrières, 

De  Saint— Vincent  et  yitrat. 
Des  crêpes  de  blé  noir 

Et  des  marrons  grillés 
Apportèrent  à  la  mère. 

Et  des  navets. 


S9 


38. 

'^haz-Chardou  et  Taillandière, 
Lous   Viviers  et  Jardrerj^at, 
Le  Brtuil  et  La  Quérillière, 
Chaz-Tarnais-  et  Tapoiinat 
Portaviant  de  la  salade 

Et  dus  persit  ; 
Dus  choux  et  de  la  pourrade, 

Dus  salsifit. 

39. 

Des  Frauds  et  de  La  Chassagne, 
Ménardiérais,  Lous  Foiiilloux , 
Dus  marrons,  de  las  châtagnes, 
Qu'où  apportitint  au  Sauvoux; 
Ou  offritint  à  Marie 

Lour  présint  :  ' 

De  las  pêches  bien  jolies, 

Dus  rasins. 


38.   ^'^hez-Chardou  et  Taillandières, 
Les  Viviers  et  Jardenac, 
Le  Breuil  et  La  Quérillière, 
Chez-Tarnaud  et  Taponnat 
Portaient  de  la  salade 

Et  du  persil; 
Des  choux  et  du  poireau, 

Des  salsifis! 


39. 


Des  Frauds  et  de  La  Chassagne, 
Ménardières,  Les  Fouilloux, 
Des  marrons,  des  châtaignes. 
Qu'ils  apportèrent  au  Sauveur; 
Ils  offrirent  à  Marie 

Lour  présent  : 
Des  pèches  bien  jolies, 

Des  raisins. 


3U 


-10. 

^^E  Puy-Gibaud  et  La  Garde, 
De  Chantemerle  et  de  Cloulas, 
Bourdeliéraies,  La  Montade,. 
De  Chaz-Gllaude  et  Poutignat, 
Portavant  une  tourtière 

Et  dus  bourgnous, 
Un  pâté  qu'où  aviant  fait  faire, 

Et  dus  péroux. 

41. 

Parmi  toute  l'assimblade, 
P'rsoune  ne  bougitint; 
In  intindint  quelle  aubade, 
Tout  le  monde  rintritint. 
Ou  ériant  be  si  contint, 

Disavant-is, 
In  vésant  tous  ensemble 

L'  Fils  de  Marie. 


40.  '3^E  Puy-Gibaud  et  de  Ln  Garde, 
De  Chantemerle  et  de  Cloulas, 
Boiirdelières,  La  MSxtée, 

De  Chez-Claude  et  Poutignac 
Portaient  une  tourtière 

Et  des  brugnons, 
Un  pâté  qu'ils  avaient  fait  faire, 

Et  des  petites  poires. 

41 .  Parmi  toute  l'assemblée. 
Personne  ne  partit  ; 

En  entendant  cette  aubade. 

Tout  le  monde  rentra. 

-  Ils  étaient  bien  si  contents, 

Disaient-ils, 

En  voyant  tous  ensemble 

Le  Fils  de  Marie. 


31 


42. 

^^PRÈs,  chécun,  à  la  ronde, 
Volie  offrir  son  présint, 
Contint  d'être  dins  le  monde. 
Ou  fitint  lour  compllimint 
Devant  la  Sïnte  Famille. 

In  sortint, 
Chécun  fit  sa  revérince, 

Humbllemint. 


42.    ^^PRÈs,  chacun,  à  la  ronde, 
Voulut  offrir  son  présent, 
Content  d'être  dans  le  monde. 
Ils  firent  leur  compliment 
Devant  la  Sainte-Famille. 

En  sortant, 
Chacun  fit  sa  révérence, 

Humblement. 


32 


AIR    NOTE    EN    MUSIQUE 


^■■[i^M.|:■^M'|M^lCTâ5 


Theuet    é  -  rie  djnssa  tioutique,    que  tra-»ail-laïB,    u-nenii 


£sj^v„|M';]'|:]'r^^ 


Quand  une  troupe  angé-li-que.  à  l'houre  de   plaimi-nué. 

-ÎIL 

Annnocitint  que   le  Messie  é    -  rie  vingut, 


Et   de  la  vier-ge  Marie    é  -    rie  né-qul. 


33 


NOTES 


1 .  —  Theuet  ou  Thevet  était  un  cordonnier  de  la  Basse-Ville  de  La 
Rochefoucauld.  Ce  nom  était  commun  dans  la  ville  encore  récemment. 
—  Etait-ce  un  descendant  d'André  Thevet  ? 

2.  —  Pichotte.  —  La  pichotte  était  une  sorte  de  gros  boudin  fait  avec 
du  sang  de  bœuf  et  de  veau  et  dont  les  habitants  de  La  Rochefoucauld 
avaient  la  spécialité;  de  là  leur  surnom  de  pichottiers. 

3.  —  Bouérou  ou  bourou  :  sorte  de  tenaille  en  bois  pour  blanchir  les 
marrons. 

4.  —  Briaud  :  habitant  de  Brie-la-Rochefoucauld. 

5.  —  Bourgne  :  grande  corbeille  de  paille  tressée  pour  conserver  les 
prunes  mêlées,  les  fruits  secs. 

6.  —  Tourtière  :  tourtç  faite  avec  de  la  pâte  et  un  ragoût  d'oiseaux. 


35 


Introduction 5 

Le  Noël  de  Theuet 11 

Air  noté  en  musique 33 

Notes 35 


31 


ACHEVÉ    D'IMPRIMER 

pour  la   première  fois, 

à  ANGOULÉME, 

par  M.  G.  Chassbicnac, 

LE  20  Novembre  1889 


Uiiiversitv  of  British  Columbia  Library 

DUE  DATE 

SFP  1  Ô  tQ?^ 

(fJtC   7  19/3 F',-,, 

\ 

<. 

à  - 

OUVRAGES  DU  MÊME  AUTEUR 


Œuvres  eu  patois  poitevin.  —  Coiuiuv-d'Argensou  (Deux- 
Sèvres),  188i,  in-i\  in-S"  et  iii-18,  Japon. 

Les  Contes  de  Jeannette.— Couture-irAr.!,'enson,  1884,  iii-18. 

Les  Noces  de  Jeannette.  — Couturc.irArgensoii,  I884,in-18. 

Mclliisine.  —  Coutnre-d'Argenson,  1881,  in-18. 

Batracliomiojuachie.  —  Coutuiv-(rAr;i,'eiisoii,  18S1,  iii-l8. 

La  Mouété  de  Qucne  de  M'''  Poey-d' Avant.  —  Couture- 
(l'Argenson,  1881,  iii-18. 

Anoblissement  par  Louis  XIV  des  terres  de  Caratcl 

et  autres.  — Chàteauliriant,  Drouani,  1885,  iii-1". 

Issé  (Loire-lmcriem-e;.  —  Cliàtcaubriant,  DrouarO,  1880,  iu-12. 

Contes  poitevins.  —  lloilliroun,  Heiiniugor  Irores,  1887,  ia-18. 
(Kpu-.zoiâia,  T.  111,  i>[).  231  et  ss.) 


AiigolilOiue,  luipriiiifi-ic  0.  Cimsski.n ai.   lOiiipaH  Dosais,  2("i. 


MSiiJP**: 


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